Aux larmes citoyens

Midi cinq, le soleil de septembre commence à taper. Marcel le gosier sec, employé communal chargé des feuilles, patiente à l’ombre des platanes du bistrot l’Entrepote. Comme tous les jours il attend Maurice, le secrétaire de mairie.

- Putaing cong, Maurice, pour un peu t’étais en retard. Je t’ai mis les glaçons, le pastaga bien frais n’attend pas.

- Ne m’en parle pas Marcel j’étais débordé, une matinée de folie, deux demandes de permis de chasser ce matin.

- Tiens en parlant de ça, ils ont enfilé les gilets, orange ou jaune, va savoir, cet après midi ça va ferrailler sur les champs.

- Pour sûr Marcel, mais comme toujours la sauvagine va s’en sortir. D’abord, tu viens de le dire il te faut un permis et aujourd’hui la faune sauvage est bien protégée. LBD totalement interdit, (Lapin, Bécasse, Diplodocus).

- Les bestiaux sont en voie de disparition ?

- Oh que non, au contraire, mais c’est comme ça ils ont quatre vingt dix pour cent de chance de s’en tirer.

- Macarelle Maurice, si je comprends bien ils sont mieux lotis que le beau et gentil poulet de Marianne ma voisine. Lui c’est certain, il va ramasser grave.

- Putain de Manon, je ne savais pas que Marianne était mariée à un flic.

- Je ne te cause pas de Gilbert, mais du poulet cou nu des Landes, la volaille qu’elle soigne tous les matins.

- Diou Biban, c’est vrai que l’ouverture c’est aujourd’hui. Mais tu sais Marcel, moi la chasse je trouve ça me fait monter les larmes aux yeux. Tout pareil quand je pense à notre Marianne, pas la femme de Gilbert, mais l’autre, la Grande, celle qui était jolie et a eu cinq enfants.

- Tchin Maurice, allez profitons-en avant qu’il ne nous le ferme notre petit Entrepote, et sors ton masque tu renverses le pastis.

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